© Nikolas Kominis - Studio Kominis
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Bien que 2009 ait été une année importante pour la justice internationale, il existe dans la justice au niveau mondial une faille qui ne fait que s’aggraver sous l’effet de la politique de puissance menée par les États, a déclaré Amnesty International le 27 mai 2010 dans son bilan annuel de la situation des droits humains dans le monde. Dans son chapitre sur la Suisse, Amnesty International dénonce la montée du discours raciste et xénophobe, notamment durant la campagne sur l’initiative anti-minarets. L’organisation cite également les conclusions de plusieurs comités européens ou de l’ONU qui s’inquiètent des conditions de vie difficiles des requérants d’asile déboutés ou de l’insuffisance de services d’aide pour les victimes de la traite des êtres humains.

À l’occasion du lancement de son Rapport 2010 – La situation des droits humains dans le monde, qui traite des atteintes aux droits humains commises dans 159 pays, l’organisation a indiqué que des gouvernements puissants bloquaient les avancées en matière de justice internationale en se plaçant au-dessus du droit relatif aux droits humains, en protégeant leurs alliés contre la critique et en n’agissant que lorsqu’ils en tirent un intérêt politique.

«Les États doivent veiller à ce que personne ne se place au-dessus des lois et à ce que tout le monde ait accès à la justice, pour toutes les violations des droits humains. Aussi longtemps que les gouvernements subordonneront la justice à leurs intérêts politiques, la plus grande partie de l’humanité ne pourra vivre libérée de la terreur et de la misère», a déclaré le secrétaire général d’Amnesty International ad intérim, Claudio Cordone.

Amnesty International a demandé aux gouvernements de rendre compte de leurs propres actions, d’adhérer pleinement à la Cour pénale internationale (CPI) et de faire en sorte que les crimes de droit international puissent donner lieu à des poursuites dans le monde entier. Les États qui prétendent à un rôle déterminant au plan mondial, en particulier les pays du G20, ont une responsabilité spécifique et doivent donner l’exemple, a souligné l’organisation.

Suisse

Dans son chapitre sur la Suisse, Amnesty International s’inquiète de la montée du racisme et de la xénophobie dans le discours ambiant et des stigmatisations à l’encontre de la communauté musulmane à l’occasion du vote sur l’initiative anti-minarets. La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) a d’ailleurs déploré qu’une «initiative violant des droits de l’homme puisse ainsi être soumise à votation». L’article du Code pénal interdisant la discrimination raciale n’a qu’une efficacité limitée et la lutte contre les discriminations devrait être renforcée en Suisse, notamment par l’adoption d’une véritable loi contre les discriminations.

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Source: Amnesty International