Les feuilles de coca, utilisées à des fins médicales et rituelles, sont au cœur de la culture bolivienne. Le trafic de drogues international en a fait une plante maudite. Une coopérative paysanne ouvre d’autres perspectives.
Des terres épuisées dans les pays producteurs. La guerre anti-drogue en Colombie et au Mexique. Des problèmes de dépendance dans les pays industrialisés. La coca est devenue un poison pour beaucoup, et les Etats-Unis sont déterminés à détruire cette culture par des moyens militaires. L’aide étasunienne (USAID) a fait diverses tentatives pour intéresser les paysans à des productions alternatives. Elle n’a eu que peu de succès jusqu’ici, et en Bolivie, les Nord-Américains ont jeté l’éponge.
Saisir sa chance
« Ils ont renoncé trop vite », déclare Don Pancho, un cultivateur de stévia vivant à Santa Fé, un hameau situé dans une zone subtropicale se trouvant à cinq heures de bus au nord de La Paz. La coopérative à laquelle il est affilié – Meprosur – a développé une alternative à la culture de la coca : l’herbe à sucre, dont le pouvoir édulcorant est 300 fois supérieur à celui du sucre. En 1990 déjà, Don Moïses Tancara, aujourd’hui âgé de 75 ans, a commencé la culture du stévia à Santa Fé. Dans un premier temps, il a certes été la risée du voisinage mais par la suite, il a suscité l’intérêt de ses voisins et voisines pour cette nouvelle plante. Aujourd’hui, 30 paysannes et paysans sont membres de Meprosur. Ensemble, ils ont à cœur de cultiver, propager et commercialiser le stévia. Avec l’espoir de voir augmenter l’aide de l’Etat, les familles paysannes ont signé la déclaration « Coca cero » (pas de coca), mais jusqu’ici elles n’ont guère bénéficié de l’aide promise.
Formation et commercialisation
Dans la province de Caranavi, au sein d’un projet destiné à la culture biologique de plantes aromatiques et médicinales, mission 21 finance la formation de cultivateurs et cultivatrices de stévia, à Santa Fé. Une brochure leur indique comment planter, cultiver et sécher de manière optimale l’herbe à sucre. Les cultivateurs les plus motivés peuvent prendre part à un cours de ‘leadership’ où ils découvrent comment conduire une coopérative et diriger des réunions.
Aujourd’hui les familles paysannes sont prêtes à franchir l’étape suivante, à savoir la commercialisation. Une tâche ardue car, en Bolivie, les prix agricoles sont bas, et pour vendre le stévia en Europe, il faut obtenir une autorisation au cas par cas. Pain pour le prochain soutient les familles paysannes de Santa Fé dans leur recherche d’acheteurs potentiels… afin qu’ils aient une alternative à la culture de la coca.
Actualité
24/03/2010
Pain pour le prochain

