Fausses promesses, projections trop optimistes et espoirs déçus: une
étude de l'OSEO montre ce que le Mondial 2010 de football a réellement
apporté à la population sud-africaine.
Les journées du fair-play de la FIFA commencent le 3 septembre.
Lors d'une action symbolique, les joueurs du monde entier feront la
promesse suivante: «Nous nous engageons, maintenant et à l'avenir, à
faire preuve de fair-play et de solidarité sur et en dehors du terrain.»
La FIFA elle-même ne respecte malheureusement pas ce précepte.
Le premier Mondial sur sol africain a suscité de grands espoirs au sein
de la population d'Afrique du Sud. Le gouvernement de ce pays et la FIFA
ont tout fait pour stimuler cette euphorie. Ils ont parlé d'essor
économique, d'une occasion rêvée de donner une belle image de l'Afrique
du Sud et, surtout, de nouvelles perspectives et de places de travail
pour la population. Deux mois après la fin du Mondial, le bilan est
affligeant.
Une étude de l'Œuvre suisse d'entraide ouvrière OSEO sur l'impact de la
Coupe du monde parvient à des conclusions accablantes: fausses
estimations, espoirs non fondés et excessifs, absence d'impact durable
sur le marché de l'emploi, augmentation des inégalités sociales.
Pour l'Afrique du Sud, la Coupe du monde a entraîné, au lieu d'un gain
initialement prévu de 4,9 milliards de rands (700 millions de francs),
une perte nette de 20 milliards de rands (2,8 milliards de francs). De
son côté, la FIFA a enregistré, par rapport à la Coupe du monde 2006,
une hausse de ses bénéfices de 50%. Elle avait auparavant obtenu du
gouvernement sud-africain que ses gains, ainsi que ceux de ses
partenaires, soient exemptés d’impôts.
Joachim Merz, responsable du programme de l'OSEO en Afrique du Sud, est
profondément désabusé: «20 millions de Sud-Africains vivent dans la
pauvreté et 12 millions d'entre eux n'ont pas de logement. Les milliards
investis en vue du Mondial auraient pu être utilisés en faveur de ces
gens. Au lieu de cela, les pouvoirs publics doivent maintenant réduire
leurs dépenses sociales.»
Un scénario aussi noir risque de se répéter en 2014 au Brésil, lors du
prochain Mondial. L'OSEO exige de la FIFA et de son président Sepp
Blatter une attitude fair-play - y compris hors du terrain. La FIFA doit
faire en sorte que la Coupe du monde ne profite pas uniquement à
elle-même et aux grands consortiums de la construction, mais aussi à la
population des pays organisateurs.
Aperçu
des principales conclusions de l'étude (PDF)
Version
complète de l'étude (PDF en anglais)
Pour plus d'informations sur la campagne de l'OSEO "Pas d'exploitation
lors du Mondial de football": www.horsjeu-afriquedusud.ch
Actualité
03/09/2010
Solidar Suisse

