Le Réseau Medicus Mundi Suisse (MMS) salue la décision prise par le Conseil exécutif de l’OMS de présenter un code de pratique en matière de recrutement international de personnels de santé. Un cadre est ainsi fixé pour empêcher le dé-bauchage incontrôlé de personnel hospitalier et para-hospitalier dans des pays pauvres.
Il y a pénurie de personnel de santé, non seulement en Suisse mais dans le monde entier. Et cette pénurie touche particulièrement les pays en développement, aux systèmes de santé déjà précaires. A tel point qu’elle compromet la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le déve-loppement, que la Suisse a fait siens et qu’elle promeut dans son travail de coopération au dé-veloppement.
Le rôle de la Suisse
Le système suisse de santé tire parti d’un marché du personnel aussi libéralisé que possible. Jusqu’à présent, les erreurs commises dans la politique de formation et les conditions de travail difficiles dans le secteur de la santé ont pu être compensées par l’attractivité et la compétitivité du marché suisse de la santé dans le contexte européen. Mais le marché européen lui-même s’est globalisé. Conséquence: comme la Suisse recrute du personnel de santé en France et en Allemagne, ces pays eux-mêmes recrutent en Pologne, la Pologne recrute en Ukraine, etc.
Protection «antivol» pour les plus pauvres
Etant donné qu’au bout du compte, ce sont les plus faibles qui se retrouvent sans médecins et sans infirmières, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré un code de pratique fixant un cadre au recrutement international de personnels de santé. Le recrutement dans les pays en développement doit en particulier être assorti de mécanismes renforçant les systèmes de santé de ces pays par des aides techniques et/ou financières. Il s’agit de dédommager les pays de provenance du personnel pour les moyens investis dans la formation de celui-ci.
Position hésitante de la Suisse
Tout en «comprenant sur le fond» la volonté d’édicter un tel code, la Suisse a exprimé jusqu’ici un avis critique à l’égard de ce projet. L’Office fédéral de la santé publique, compétent en la matière, a notamment fait valoir que tous les pays s’emploient autant que possible à former eux-mêmes leurs professionnels de santé plutôt qu’à les débaucher à l’étranger. Les disposi-tions relatives à la compensation et à l’aide technique ont également été critiquées. Mais ces points ont maintenant recueilli une majorité au sein du Conseil exécutif de l’OMS.
Compte tenu de la détermination de l’OMS, il faut se demander si la Suisse surmontera son scepticisme ou si, au contraire, elle entend se profiler en leader d’un front du refus regroupant des pays qui tirent bénéfice de la migration internationale incontrôlée de personnels de santé.
Le Réseau Medicus Mundi Suisse souhaite qu’à l’occasion de la prochaine Assemblée mondiale de la santé, qui se tiendra au printemps, la Suisse plaide, conformément à sa politique étrangère de la santé, pour l’adoption d’un code de pratique avant-gardiste garantissant aussi le droit à la santé pour les populations des pays en développement.
Actualité
22/01/2010
interportal.ch

